Charlotte, David Foenkinos

Résumé

Ce roman retrace la vie de Charlotte Salomon, artiste peintre morte à vingt-six ans alors qu’elle était enceinte. Après une enfance à Berlin marquée par une tragédie familiale, Charlotte est exclue progressivement par les nazis de toutes les sphères de la société allemande. Elle vit une passion amoureuse fondatrice, avant de devoir tout quitter pour se réfugier en France. Exilée, elle entreprend la composition d’une œuvre picturale autobiographique d’une modernité fascinante. Se sachant en danger, elle confie ses dessins à son médecin en lui disant : « C’est toute ma vie. » Portrait saisissant d’une femme exceptionnelle, évocation d’un destin tragique, Charlotte est aussi le récit d’une quête. Celle d’un écrivain hanté par une artiste, et qui part à sa recherche.

Un ptit mot sur le livre

Je suis le genre de fille qui lit les romans qui ont fait le buzz après tout le monde 😉 Charlotte en fait parti. Tout comme pour le roman Et puis, Paulette, je l’ai emprunté à la médiathèque. Quelques heures m’ont suffit pour dévorer ce roman. Une belle oeuvre extrêmement forte aboutie et une émotion indicible.

Charlotte naît dans une famille juive et allemande marquée par le malheur. Des suicides pèsent sur son destin, y compris, et surtout, celui de sa mère. Son père, médecin renommé, s’abrutit dans le travail. Sa vie s’inscrit entre les deux grandes guerres du XXe siècle : Berlin, 1917 – Auschwitz, 1943. Pas de place pour elle dans la société allemande. Charlotte des origines juives. Une place difficile à trouver dans sa famille parmi tous les fantômes des suicidés…

Hanté par l’histoire de Charlotte Salomon, artiste-peintre juive allemande, morte à 26 ans, David Foenkinos part sur ses traces, de son enfance bourgeoise à Berlin jusqu’à son décès dans le camp d’Auschwitz en 1943.

David Foenkinos nous offre ici une biographie romancée où l’émotion affleure à chaque page. L’originalité de la construction réside dans le fait qu’il va à la ligne à chaque phrase, ce qui donne l’impression de lire un long poème en hommage à cette femme au destin marqué par le spectre de la mort, dès l’enfance. J’ai beaucoup aimé le fait de parsemer l’histoire de Charlotte par le récit de sa propre enquête pour apporter plus de réalisme et rappeler au lecteur la véracité des faits.

J’ai rencontré Charlotte, j’ai aimé Charlotte, j’ai pleuré Charlotte. Comment ne pas être touché par la prose de David Foenkinos. La famille maternelle de Charlotte semble atteinte de folie, cette famille où le suicide est inscrit dans les gènes, comme un parasite, une maladie contagieuse. Elle l’apprendra très tard ce secret familial. Si ce livre est d’abord le portrait bouleversant de Charlotte depuis son enfance jusqu’à sa disparition dans les camps de la mort en 1943, il est aussi l’expression touchante de l’émotion de l’auteur pour cette artiste.

Le style est déroutant, tout au moins au début. Mais on s’y fait très vite et il devient même évident, au fil des lignes, que les phrases courtes, le rythme rapide servent un texte d’une grande qualité entraînant le lecteur dans une spirale oppressante. L’intérêt de ce livre provient du fait que l’auteur ressuscite une des innombrables victimes des camps d’extermination. Il l’à sort de l’anonymat et l’emmène en pleine lumière. Ce n’est plus un numéro perdu dans la multitude, c’est une femme…une artiste. Il nous dévoile sa courte vie, l’héritage d’un passé douloureux, et le présent qui ne l’est pas moins.

Et pour conclure

Charlotte est un roman a une telle force d’attraction qu’il est difficile de le quitter. D’une écriture poétique empreint d’émotions. L’auteur a su peindre un portrait sensible, vrai d’une jeune femme talentueuse et courageuse. Un roman émouvant, tendre, magnifiquement écrit.

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