Changer l’eau des fleurs, Valérie Perrin

Résumé

Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se réchauffer dans sa loge où rires et larmes se mélangent au café qu’elle leur offre. Son quotidien est rythmé par leurs confidences. Un jour, parce qu’un homme et une femme ont décidé de reposer ensemble dans son carré de terre, tout bascule. Des liens qui unissent vivants et morts sont exhumés, et certaines âmes que l’on croyait noires, se révèlent lumineuses.

Un ptit mot sur le livre

J’ai commencé changer l’eau des fleurs vendredi dernier chez ma copine Marine. Et puis je n’ai pas pu résister à l’acheter en ebook pour pouvoir le continuer. Et finalement lundi soir je l’avais fini. J’ai donc découvert la plume de Valérie avec changer l’eau des fleurs. Il est sorti chez Albin Michel. Et je n’ai qu’une hâte me plonger dans son premier roman qui m’attends dans ma PAL. Un vrai coup de cœur pour ce roman qui m’a fait à la fois rire et pleurer. Il en va des livres comme des êtres : il faut dépasser les apparences pour en toucher la profondeur.

Changer l’eau des fleurs c’est l’histoire de Violette Toussaint, la petite quarantaine, une femme extérieurement énigmatique, pudique, et pourtant déjà bien abîmée par la vie…Violette Trenet, enfant née sous X et baptisée si joliment par l’infirmière qui lui donnait ses premiers soins.
Jamais adoptée, à 18 ans, c’est donc la débrouille.
Elle rencontre Philippe Toussaint qui deviendra son compagnon et mari. Et avec lui, elle aura une petite fille, Léonine, son trésor.
D’abord garde-barrière, Violette deviendra ensuite gardienne de cimetière. Et nous commencerons avec elle une merveilleuse suite de rencontres avec les vivants venus se recueillir, les morts , les légendes nées de morts anciennes ou moins anciennes.

Elle porte bien son prénom, Violette. Comme la fleur qui pousse malgré la neige, dresse fièrement sa tige fine et fragile, déploie ses pétales délicats et veloutés au creux de son cœur feuillu au vert profond vers le soleil et embaume les sous-bois.
Violette est une battante, une survivante, sans pousser de hauts cris, sans se faire remarquer, telle cette fleur qui s’épanouit malgré les rigueurs de l’hiver.

Dans changer l’eau des fleurs, on la suit dans son travail d’entretien et d’accueil. Et peu à peu elle nous livre ses pensées, ses souvenirs, ses peines et ses joies. Dans son récit à la première personne, on va croiser une multitude d’autres personnages plus ou moins sympathiques. On sent que Violette s’est construit un quotidien tranquille, protégé. Jusqu’au jour où un homme vient pour déposer les cendres de sa mère sur la tombe d’un homme qu’il ne connait pas. Et c’est le début d’une autre histoire qui va réveiller et révéler bien des choses…

Des personnages attachants, contrastés…Même le mari de Violette, Philippe Toussaint, des plus antipathiques, au début de cette histoire… se révèle au fur et à mesurecdu récit. Des rebondissements, des événements d’ un être enfermé dans ses démons et ses incapacités à dire les choses et les sentiments… Mais que l’on finit par mieux comprendre. J’ai été captivée par ce roman car, à plusieurs reprises, l’auteur dévoile un élément nouveau sur Violette, son histoire se précise, se complète et complexifie en même temps. On pense la connaître puis on voit une nouvelle facette et c’est presque un retournement de situation ou tout du moins une grosse surprise.

La mort n’est qu’une toile de fond, mais le spectacle qui se joue sur l’avant de la scène en vaut tellement la peine.
Les fossoyeurs, Nono, Elvis, Gaston, monsieur le curé, les veuves, les endeuillés n’ont nul besoin de tralala, de coups d’éclats. Ce sont des petites choses, des petits riens que tous viennent chercher chez Violette. Elle est discrète dans les allées du cimetière dont elle est la gardienne. Discrète et taiseuse mais sa porte est ouverte à tous.

Alors tout au long de ces 555 pages de changer l’eau des fleurs j’ai aimé Violette. J’ai aimé partager son quotidien et prendre part à la vie de son cimetière, de ses résidents, de ses visiteurs, son jardin, sa chienne, ses chats, ses hivers en Bourgogne, ses étés dans les calanques marseillaises.
J’ai aimé sa fille, ses amis, ses amours, ses drames, ses bonheurs, ses faiblesses, son courage.

Valérie Perrin a la plume fluide, poétique, rythmée… avec le don de la poésie, de la musique, mais aussi du suspens, avec moult histoires de vies, entre les vivants et les morts. Changer l’eau des fleurs est un hymne à l’amour.
L’amour passionnel, inconditionnel, l’amour destructeur, l’amour platonique ou enfiévré, l’amour pour son enfant, l’amour infidèle aussi. De plus le contexte de changer l’eau des fleurs est original et dépaysant. Pour ma part, je n’avais encore jamais lu d’histoire dont le lieu principal est un cimetière… L’auteure brosse un portrait à la fois enchanteur, douloureux, insolite, doux et poétique du lieu.

Et pour conclure

Changer l’eau des fleurs est une merveilleuse pépite. Je ne peux que vous conseiller ce roman. Un livre qui comprend de nombreux passages poétiques comme les titres de chapitres. Ce roman contient une foule d’émotions ! C’est un roman avec plusieurs romans à l’intérieur, un condensé de vie(s). Changer l’eau des fleurs comme pour conserver un peu de leur belle apparence. De leurs couleurs et de leur doux parfum. Pour conserver en soi ce qui nous les ont fait regarder et aimer. Changer l’eau des fleurs comme pour protéger le souvenir ému de l’être disparu. Et qui repose et que l’on vient visiter au bout des allées d’un cimetière. Je n’oublierai pas le personnage de Violette de sitôt.

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2 Comments

  1. J’avais déjà énormément de le lire mais ta chronique me rend encore plus impatiente !

  2. L’histoire a l’air super jolie. Elle pourrait réellement me plaire. Merci pour la découverte 🙂

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