Gros sur le coeur, Carène Ponte

Résumé

C’est l’histoire d’une adolescente sans doute un peu trop ronde, sans doute un peu trop fragile.
C’est l’histoire d’un nouveau lycée, des yeux qui dévisagent, des yeux qui jugent. 
C’est l’histoire d’un professeur d’allemand qui séduit. 
Mélissa, 17 ans, suit ses parents dans une nouvelle ville, un nouveau lycée. 
Année de terminale sur la corde raide. Année charnière entre dégoût de soi, et renaissance.

Un ptit mot sur gros sur le cœur

Tout d’abord je remercie Camille des éditions Michel Lafon pour l’envoi de gros sur le cœur. Et puis bien sûr un grand merci à Carène pour ta dédicace et cette histoire. Que ce soit Juliette, Molly ou encore Maxine, j’ai adoré toutes les héroïnes. Chacune à sa façon. Et puis j’ai rencontré Mélissa. Mélissa cette adolescente qui m’a clairement replongée dans mes années lycées. Des années pas toujours très drôle. Même si c’est un roman qui se lit très rapidement, j’ai du faire des pauses dans ma lecture parce que trop souvent elle est venue percutée mon passé… Même au moment d’écrire cette chronique, cela me remue encore un peu.

Gros sur le coeur, vous l’aurez comprit est un roman qui parle de Harcèlement scolaire. C’est l’histoire de Mélissa,17 ans et qui doit une nouvelle fois déménager. Car son père, militaire, est muté. Elle doit quitter son lycée, sa meilleure amie Camille. Et toute sa vie. Mais lorsque l’on rentre en terminale ce n’est pas une étape évidente, d’autant plus que Mélissa est complexe car elle se trouve trop grosse. Elle redoute d’être mal accueillie dans ce nouveau lycée et malheureusement, ses doutes se confirment. Seul son professeur d’Allemand semble voir la vraie Mélissa…

Mélissa, une adolescente qui m’a très touchée et  avec laquelle je me suis clairement identifiée. Bien que je n’ai pas subit tout ce qu’elle a pu vivre, j’en au vécu quelques unes. Et je peux vous dire que lorsque l’on a 17, que l’on est mal dans sa peau se prendre des réflexions du style « tu as un joli visage mais qu’est ce que tu es grosses » et bien j’avoue que ça vous fait très mal… Et à l’âge à l’âge où l’on doute de soi,où l’on se cherche, où l’apparence est primordiale ce n’est pas facile à vivre… Je suis quand même très heureuse qu’à mon époque il n’y avait pas de réseaux sociaux, qui comme vous le verrez dans le livre font beaucoup beaucoup de mal!

Mélissa est une adolescente comme il en existe beaucoup de nos jours. Mal dans sa peau avec des kilos en trop, un manque de confiance en elle et son quotidien au lycée ne va pas l’y aider. Le reflet que le miroir lui renvoie ne lui plait pas. C’est un personnage. J’ai plusieurs fois eu de la peine pour Mélissa. J’ai eu envie de rentrer dans le livre, prendre Mélissa dans mes bras et lui dire comment agir. Elle va faire des rencontres qui lui ouvrent des horizons. Vont-elles enfin être positives, amitié, amour … ou finir de l’enfoncer dans son mal-être ?

Mélissa nous montre combien l’amitié est importante pour son équilibre, comment le regard des autres prend souvent le pas sur le sien, quand on manque de confiance en soi, comment un simple individu peut influencer toute une classe et amener à exclure un autre élève. J’ai beaucoup aimé sa relation avec Camille, sa meilleure amie. Même si Mélissa ne lui raconte pas tout, elle est là, pour la soutenir, elle essaye de lui redonner confiance en elle.

Que ce soit Mélissa, Camille, Morgane et les autres, ils sont plus vrais que nature. Ce qui les rend particulièrement attachants ou carrément détestables. En tout cas, ils ne laissent pas indifférents! Carène parle du harcèlement scolaire en y mettant les mots justes. Rassurez vous on ne tombe pas dans le mélodrame mais ce livre nous touche, nous prend là et ce grâce à la plume de Carène pleine de réalisme et de justesse.

J’avoue que je ne comprends toujours pas cette méchanceté gratuite. Ni d’ailleurs l’attitude du prof d’allemand. J’avoue qu’il a clairement profité de la situation et de la faiblesse de Mélissa. Et je reste persuadée qu’à l’heure actuelle cela existe malheureusement. Mélissa qui face à lui a baissé sa garde alors que Camille l’avait mise en garde. Mais comment cette situation de la part d’un professeur est elle possible?! Je m’interroge encore!

Avec gros sur le cœur je suis passée par tout un tas d’émotions. De la joie, aux rires en passant par les pleurs (oui j’ai beaucoup pleuré avec cette lecture) et la colère, on a un vrai concentré de sentiments. Et c’est là qu’est le talent de Carène de nous faire vivre tout ça dans un si petit roman. Alors même si ça été une lecture difficile je suis contente d’avoir eu, à l’âge de Mélissa, des amis et ma famille pour me soutenir dans cette période difficile. Même s’il n’est pas simple de parler pour ne pas subir encore plus! On essaye de continuer à vivre, de se faire oublier pour que l’on arrête de s’en prendre à vous!

Un livre sur le harcèlement scolaire comme je n’en avais jamais lu. (Bien qu’un autre sur le sujet m’attende). Et qu’il faut absolument mettre entre toutes les mains. Que ce soit celles des harcelés, parce qu’il aide à voir qu’on n’est pas seul, et qu’il est possible de s’en sortir. Et pas forcément avec la méthode dont choisi Mélissa… Celles des meneurs. Je ne pense pas qu’une lecture suffira pour leur faire comprendre la cruauté de leur attitude, mais peut-être pourrait-on toucher les « suiveurs ». Ceux sans qui le harcèlement ne pourrait être mené, ceux qui suivent parce que ça leur paraît drôle, ou surtout parce que c’est plus facile d’être dans le camp de la méchanceté que de se retrouver de l’autre côté. Et puis celles des adultes, famille et écoles, qui ne voient rien, n’entendent rien, ou ne veulent rien voir car ils ne savent pas trouver des solutions.

A travers gros sur le cœur, Carène Ponte soulève des choses intéressantes. L’impact sur la vie, sur l’image que l’on a de soi. Ce qui est intéressant également est que d’après d’autres personnages Mélissa n’est pas si grosse, elle est même jolie. Il a suffi d’un lieu, d’un moment, d’une rencontre, pour qu’un complexe devienne un handicap aussi lourd. Et c’est intéressant de le montrer ça aussi. Le regard des autres vous définit, mais il est subjectif. Vous définit-il donc vraiment ?

Et pour conclure 

Je ne suis pas sortie indemne de ma lecture de gros sur le cœur. Oui elle m’a replongé dans un passé qui fait mal mais en même temps ce livre est nécessaire. Sans doute que cette histoire va malheureusement faire écho à celle de beaucoup d’adolescentes… Un roman touchant sur les difficultés et les cruautés de l’adolescence, le harcèlement scolaire et ses conséquences. Tout ce que Carène nous expose est ancré dans la réalité. Vous l’aurez sans doute compris, ce roman est une pépite, un petit bijou qui devrait être mis entre toutes les mains, que tout le monde devrait lire et en particulier les ados.

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