Ces rêves qu’on piétine, Sébastien Spitzer

Résumé

Sous les bombardements, dans Berlin assiégé, la femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, des centaines de femmes et d’hommes avancent sur un chemin poussiéreux, s’accrochant à ce qu’il leur reste de vie. Parmi ces survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau de cuir, elle tient cachées les lettres d’un père. Richard Friedländer, raflé parmi les premiers juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver.
Elle s’appelle Magda Goebbels.

Un ptit mot sur ces rêves qu’on piétine

Tout d’abord je remercie les éditions Le Livre de poche pour l’envoi de ces rêves qu’on piétine. Un roman que j’ai lu il y a déjà quelque temps. Je prends enfin le temps de le chroniquer. Un roman qui parle des derniers jours du régime nazi. A  la fois du côté des vainqueurs et des vaincus .

Ces rêves qu’on piétine l’histoire de Magda Goebbels. Son enfance, ses mariages, ses liens avec le parti nazi jusqu’au final dans le fameux bunker. 1945. On est ici dans le bunker berlinois où se sont réfugiés autour de Hitler. Et quelques dignitaires nazis dans une ambiance de fin de règne entre décadence et résignation. En parallèle, on arpente la Pologne en suivant les colonnes de juifs rescapés des camps nazis.

Ces rêves qu’on piétine basé sur des faits réels de la fin de la Seconde Guerre Mondiale et décrit deux parcours : celui d’Ava avec sa mère réchappé des camps de concentration et celui de Magda Goebbels dans son bunker avec Hitler.On avance dans ce livre totalement happé par ce déploiement de folie humaine, à la fois révulsé, révolté et surtout impressionné par le courage, la résistance de ceux qui ont tout fait pour que cette folie soit connu.  L’auteur se glisse dans la peau de Magda Goebels et imagine ses derniers jours dans le bunker avant l’issue que tout le monde connaît. Il revient sur son enfance, sa jeunesse et sa gloire en tant que première dame du Reich comme s’il cherchait dans son passé l’origine de ses actes.

Ce roman n’est pas que l’histoire de Magda Goebels, c’est aussi celle des marches de la mort, de tous ces prisonniers des camps évacués de force devant l’avancée de l’armée russe. Il y a Judah, un jeune hongrois, Fela, une jeune polonaise et sa petite fille Ava. Chacun à leur tour, détenteurs d’un rouleau en cuir dissimulant des lettres, témoignages d’une vérité. Parmi cette correspondance, il y a les lettres écrites à sa fille, par un certain Richard Fredländer, le père adoptif de Magda Goebbels. Elles sont très précieuses pour l’Histoire… mais ça, Ava ne le sait pas encore! Ces lettres font le lien. Elles deviennent au fil du récit le symbole des milliers de voix qui ne peuvent plus s’exprimer pour raconter l’horreur vécue, et pour qu’on ne les oublie pas…car si les voix s’envolent, les écrits restent!

Un roman choral composé d’une alternance de chapitres courts. Sébastien Spitzer raconte la vie de Magda Goebbels et y entremêle d’autres récits. Entre une femme fragile et une enfant courageuse, rien ne nous est épargné. Son livre est très bien construit et la tension va crescendo jusqu’à la fin dans le bunker. L’auteur retrace la fin de la seconde guerre mondiale, l’ouverture des camps et l’essoufflement des plus grands du Reich. Les personnages sont superbement travaillés. Dans leur psychologie profonde et en même temps stylisés pour insister sur cette période horrible de l’Histoire.

Et pour conclure

Quel incroyable pari que d’embrasser la grande Histoire à bras-le-corps pour un premier roman.Je recommande  ce livre qui n’est pas un énième récit sur la guerre car il est très original dans sa forme. Ces rêves qu’on piétine est une lecture très intéressante, j’ai appris des choses que j’ignorais totalement sur cette époque. Il y a l’Histoire que l’on apprend à l’école : dates, événements, les grands noms des hommes. Et puis celle que l’on découvre plus tard. Lorsqu’un roman décide de la rendre vivante, d’incarner ces femmes et ces hommes qui ont fait l’Histoire. D’imaginer leurs pensées, leurs doutes, leurs souffrances.

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