Les Dix Vins, un marathon pas comme les autres

Les Dix Vins, un marathon pas comme les autres,

J’ai couru mon premier marathon il y a deux ans, c’était le marathon Nice-Cannes. Et forcément j’avais envie de refaire cette distance qui est pour moi toujours aussi mythique. Je devais faire Paris en 2020 mais le COVID est passé par là. L’édition a été reportée en octobre 2021 mais je ne pouvais pas y aller. Et puis Valou m’a parlé de ce marathon des dix vins. Je me suis dit pourquoi pas. D’autant qu’il est à côté de chez moi, donc pour l’organisation c’est parfait. Et puis je savais que le cadre serait magnifique avec un départ et une arrivée en bord de mer. Une traversée des différents vignobles, un passage par le si beau domaine de Léoube. Bref j’allais en prendre plein les yeux le 25 octobre.

C’est donc parti pour 12 semaines de prépa soit 440,5km avec des séances aussi variées que possible. Des séances dans le dur mais qui forgent le mental ( et qui m’ont servies sur le marathon). Des séances de fractionnés qui te sortent de ta zone de confort mais surtout beaucoup de plaisir au cours de cette prépa. Deux courses officielles avec le semi de la Provence Verte en septembre et le run des demoiselles pour octobre rose. J’ai pris cette prépa au sérieux comme je l’avais fait y’a deux ans. Même si on se dit que l’on peut toujours faire mieux notamment côté nutrition… Je pense qu’avec quelques kilos de moins, ça aurait été un peu mieux… Mais avec des si…

Et voilà nous y sommes, veille de course, un ptit shake out run avec Céline et Rio. Tous les voyants sont au vert pour ce marathon. Et comme on dit y’a plus qu’à. Alors forcément mélange de stress, d’envie, de peur, de je ne vais pas y arriver. Bref tout se mélange dans ma tête. Je retrouve Céline et Valou pour le retrait des dossards et là ça devient vraiment concret. On ne peut plus reculer. Quelques photos avec les copines puis on prend les derniers conseils pour le lendemain. Je sais que la course ne sera pas facile. 42,195km et 500 D+. Mais je sais que je donnerais tout pour franchir la ligne d’arrivée.

Le D Day 

Après une bonne nuit de sommeil, il est temps de se préparer et se mettre en route pour aller récupérer Serge et Pascale à Hyères avant de retrouver Céline et Valou sur le village. On assiste à un magnifique levé de soleil, on se met petit à petit en condition avant le départ, un ptit échauffement histoire de réveiller les muscles en douceur. Je choisis de partir avec Céline et Serge allure 6’15. Ne pas partir trop vite pour ne pas me griller parce que je sais que le parcours est loin d’être simple.

On est en queue de peloton mais qu’importe tout va bien ou presque. Parce que oui nous avons (avec d’autres) réussit à nous perdre! Disons qu’au lieu de faire une boucle on a fait un tout droit. Bon ce n’est pas non plus 3km. Mais très vite on a retrouver les autres coureurs. Les kilomètres s’enchainent et pour le moment tout va bien.

J’ai toujours Céline et Serge en ligne de mire, Je suis dans mon allure en préférant ralentir un peu. Les premières difficultés arrivent et j’avoue que dans les montées de sa mère comme le dit Valou j’ai marché histoire de m’économiser. Je prends le temps de bien boire à chaque ravitaillement parce que même si nous sommes le 25 octobre il fait très chaud ce jour là. Les kilomètres défilent plutôt vite et tout va toujours bien. Je vois mes deux compères un peu plus loin devant moi mais je me dis que n’est pas grave et que de toute façon je les retrouverais sur la ligne d’arrivée. Je sais que je n’ai pas leur niveau et que je ne les suivrais pas jusqu’au bout.

Le premier semi arrive, je le passe en 2h20 donc au vu de la difficulté du parcours je suis plutôt contente de moi. Pas toujours facile de courir dans les vignes. Et d’ailleurs je vais en payer le prix fort puisque par deux fois je vais tomber dans des descentes. Et là j’avoue que le moral en prend un coup. Je me retrouve seule et il est dur de se remobiliser pour repartir. Mais je sais qu’il me reste encore quelques kilomètres. Audrey m’envoie un message de soutien, je répond un peu après le kilomètre 30 au moment d’un ravitaillement. Finalement le plus dur c’est d’être seule. Heureusement les bénévoles aux différents ravitaillements ou sur le chemin sont juste formidables et me rebooste à chaque fois.

Kilomètre 34 une petite gêne au genou gauche. Et là l’impression de revivre ce que j’ai vécu lors de mon premier marathon. (finalement le genou a juste un peu vrillé lors de mes deux chutes) J’alterne du coup marche/course et c’est là que le mental prend le relais. Parce que oui j’ai vraiment couru (enfin pas mal marché) ces 7 derniers kilomètres au mental. J’avoue qu’à ce moment là je suis un peu déçue, je sais que je ne ferais pas le chrono espéré et pareil il faut encaisser le coup.  Mais je me dis que ce n’est pas grave. Je veux à tout prix rejoindre la ligne d’arrivée. Dernier ravitaillement, je prends un dernier coup de boost avec les bénévoles et me voilà repartie pour les deux derniers kilomètres. Impossible d’accélérer tant pis, je reste dans mon allure.

J’arrive vers le port et là je sais que l’arrivée n’est plus très loin. Je Jette mes dernières forces dans la bataille, c’est dur mais je m’accroche parce que c’est la fin. Je franchis la ligne d’arrivée en larmes, je m’effondre dans les bras de Valou et Céline qui m’attendaient sur la ligne d’arrivée, tout comme Richard. (mercii de m’avoir attendu, j’ai été ravie de te voir). Des larmes de putain je l’ai fait, je suis une nouvelle fois marathonienne. Des larmes de déception parce que j’aurai voulu faire mieux au niveau du chrono.

Mais c’est surtout des larmes de fierté d’avoir été au bout. De n’avoir rien lâché même quand j’ai été dans le dur. Le plus dur a été de faire les 3/4 de la course toute seule. Et là je peux dire merciii mon mental, parce que sans lui je pense que j’aurai mis la flèche. Alors oui Les dix vins n’est pas un marathon pas comme les autres avec ses 500D+, son parcours assez difficile et ses paysages magnifiques je l’avoue. Il restera gravé dans ma mémoire quelques années. Le marathon, une sacrée distance mais une distance sacrée. Et à J+15 Je suis fière de moi 🙂

Un immense merciiiiiii à tous les bénévoles de cette course. Vous avez été merveilleux et sans vous la course ne serait pas la même! Une nouvelle fois je peux le dire: Le marathon c’est bien 30km avec les jambes, 10km avec la tête, 2km avec le coeur et 195m avec les larmes. C’est exactement ce que j’ai vécu sur ce marathon.

 

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